Eztebe
11 min de lecture

Refonte de site internet : quand la faire, combien ça coûte, et comment ne pas perdre son référencement

Quand refaire son site, ce que ça coûte et comment garder son référencement : inventaire, redirections 301, bascule. Cas Wix, WordPress et site d'agence.

Écrit par

Refaire son site se justifie quand il vous fait perdre des clients : trop lent sur mobile, impossible à modifier, invisible sur Google, ou simplement en décalage avec ce que vous êtes devenu. Une refonte bien menée coûte à peu près le prix d'une création, et elle ne vous fait pas perdre votre référencement, à une condition : que chaque ancienne adresse mène à la nouvelle.

Voici comment je m'y prends selon que vous partez de Wix, de WordPress ou d'un site d'agence, ce que ça coûte, et ce qui protège vos positions pendant la bascule.

À retenir

  • Une refonte se décide sur des faits : vitesse sur mobile, nombre de demandes reçues, possibilité de modifier le site vous-même. Pas sur l'âge du design.
  • Le point de départ change tout : un site Wix se reconstruit et se redirige, un site WordPress s'exporte et se nettoie, un site d'agence dépend de ce que vous possédez vraiment.
  • Le référencement se conserve avec un inventaire des URL avant, des redirections 301 page à page pendant, et trente jours de surveillance après.
  • Prix : la grille d'une création, plus un à trois jours pour l'inventaire, la migration des contenus et les redirections.
  • Je reconstruis en Next.js ; si votre équipe publie tous les jours, WordPress peut rester en coulisses.

Quand refaire son site : six signes qui ne trompent pas

  1. Il met plus de trois secondes à s'afficher sur un téléphone. Testez-le avec PageSpeed Insights : sous 50 en performance mobile, vous perdez des visiteurs avant la première ligne.
  2. Vous ne pouvez pas changer un prix ou une photo sans appeler quelqu'un, ou sans craindre de tout casser.
  3. Les demandes de contact ont baissé alors que votre activité, elle, n'a pas changé.
  4. Le site dit encore qui vous étiez : une offre abandonnée, une ville que vous avez quittée, un nom que vous n'utilisez plus.
  5. Les mises à jour font peur : extensions en retard, thème abandonné par son auteur, avertissements de sécurité.
  6. Il ne se lit pas vraiment sur mobile : textes minuscules, menu qui déborde, formulaire impossible à remplir au pouce.

Un seul de ces signes se corrige souvent sans refonte. Trois ou quatre, et c'est le site qu'il faut refaire, pas rafistoler.

Refonte, ou simple remise à jour ?

Il y a trois niveaux, et le mot « refonte » les confond souvent.

  • La remise à jour : textes, photos, quelques pages, une optimisation de vitesse. Un à trois jours de travail, aucun risque pour le référencement. C'est le bon choix quand la structure est saine et que le site se charge correctement.
  • La refonte graphique : nouveau design, même arborescence, mêmes URL. Le référencement ne bouge pas, puisque les adresses ne changent pas. Possible seulement si la technique en dessous tient encore.
  • La refonte complète : nouvelle structure, nouvelle technologie, souvent de nouvelles URL. C'est le sujet de cet article, et le cas qui demande le plus de soin.

Le choix ne dépend pas de l'âge du site mais de ce qui cloche. Un site lent et impossible à maintenir passe en refonte complète même s'il est joli ; un site rapide mais daté s'en sort avec une refonte graphique.

Trois points de départ, trois chantiers

Ce que vous possédez vraiment, selon votre site actuel

Wix, Jimdo, Squarespace

Constructeur de pages en location

  • Le code vous appartientnon
  • Les contenus s'exportentpartiel
  • Les URL actuelles sont reprenablesnon
  • Le domaine et les e-mails sont à vouspartiel

Le chantier

Récupérer textes et images à la main (le blog s'exporte, les pages non), reconstruire, puis rediriger chaque ancienne URL une à une.

Le point de vigilance

Le domaine et les boîtes e-mail sont souvent hébergés chez le constructeur : à transférer avant de résilier, sans coupure.

WordPress

Site auto-hébergé, thème et extensions

  • Le code vous appartientpartiel
  • Les contenus s'exportentoui
  • Les URL actuelles sont reprenablesoui
  • Le domaine et les e-mails sont à vousoui

Le chantier

Exporter pages, articles et médias, nettoyer ce que les extensions ont laissé dans le texte, reconstruire en gardant les mêmes URL quand elles sont bonnes.

Le point de vigilance

Les contenus faits avec un constructeur de pages (Elementor, Divi) sortent avec leur balisage : ils se réécrivent plus qu'ils ne se migrent.

Site sur mesure d'une agence

Code livré, ou pas

  • Le code vous appartientpartiel
  • Les contenus s'exportentoui
  • Les URL actuelles sont reprenablesoui
  • Le domaine et les e-mails sont à vouspartiel

Le chantier

Récupérer le code et tous les accès, auditer ce qui tient encore, reconstruire le reste. Le cas le plus simple quand tout est à votre nom.

Le point de vigilance

Un site dont vous n'avez ni le code, ni le domaine, ni l'hébergement se refait depuis zéro, et parfois sans son nom de domaine.

« Partiel » veut dire : possible, mais avec du travail manuel ou des conditions. Les URL de Wix (/post/…, /blank-1) ne valent pas la peine d'être conservées ; celles de WordPress, souvent oui.

Vous êtes sur Wix, Jimdo ou Squarespace

Vous louez un site : le code ne vous appartient pas et ne s'exporte pas. Le blog se récupère, les pages se copient à la main. Les URL, du type /post/mon-article ou /blank-1, ne méritent pas d'être conservées ; elles seront redirigées une à une vers les nouvelles.

Le vrai sujet est ailleurs. Votre nom de domaine et vos boîtes e-mail sont souvent hébergés chez le constructeur : on les transfère avant de résilier l'abonnement, pas après, sinon le site disparaît avec ses adresses et vous perdez des e-mails. Ce chantier est le plus manuel, mais il est sans surprise : tout ce qui compte est visible à l'écran.

Vous êtes sur WordPress

C'est le cas le plus fréquent et le plus confortable. Pages, articles et images s'exportent, et les URL propres, comme /services/plomberie/, peuvent être gardées telles quelles : pour ces pages, la question des redirections ne se pose même pas.

Deux choses demandent du travail. Les contenus construits avec Elementor, Divi ou un autre constructeur de pages sortent avec leur balisage : on les réécrit plus qu'on ne les migre. Et les extensions ont souvent laissé des traces dans les textes (codes courts, galeries, formulaires) qu'il faut remplacer une à une. Si votre équipe publie beaucoup, WordPress peut rester en coulisses comme éditeur, le site étant servi par Next.js ; j'y reviens plus bas.

Vous avez un site sur mesure, fait par une agence

Tout dépend de ce que vous possédez. Si le code, le nom de domaine et l'hébergement sont à votre nom, c'est le chantier le plus simple : j'audite ce qui tient, je récupère les contenus directement dans la base, et je reconstruis le reste.

Si vous n'avez aucun de ces accès, la refonte repart de zéro, parfois sans le nom de domaine. Demandez-les aujourd'hui, avant d'en avoir besoin. Dans mes devis, le code, le domaine et l'hébergement sont à vous dès le premier jour, précisément pour ça.

Ce qu'on garde, ce qu'on jette

Avant de dessiner quoi que ce soit, je dresse la liste des pages existantes avec, pour chacune, le trafic qu'elle reçoit (Search Console, sur seize mois) et les liens qu'elle a obtenus d'autres sites. Il en sort trois tas.

  • À garder : les pages qui amènent des visiteurs ou des liens. Elles sont reprises, réécrites si besoin, et leur URL est conservée ou redirigée.
  • À fusionner : les pages qui disent la même chose à trois endroits, comme trois articles sur le même sujet ou deux pages « à propos ». Une seule page, plus complète, et les autres redirigées vers elle.
  • À supprimer : les pages sans trafic, sans lien, sans intérêt. Elles disparaissent proprement, avec une redirection vers la page parente si elle existe, sinon une réponse 410 qui dit à Google que la suppression est voulue.

Une refonte est le bon moment pour perdre du poids. Un site de quarante pages qui en garde quinze, bien faites, se référence mieux qu'avant.

Ne pas perdre son référencement

Ce que Google a appris de votre site est attaché à des adresses. Changez-les sans prévenir, et vous repartez de zéro ; redirigez-les correctement, et tout suit. C'est toute la différence entre une refonte qui fait progresser et une refonte qui coûte six mois de visibilité.

La règle tient en une phrase : chaque ancienne URL redirige, de façon permanente (code 301), vers la page qui la remplace. Pas vers l'accueil. Google traite une redirection massive vers l'accueil comme une erreur 404 déguisée, et le visiteur qui cherchait votre page « tarifs » ne la trouve pas non plus. Quand une page n'a pas de remplaçante, on choisit la plus proche.

Sur un site Next.js, ces redirections tiennent dans un fichier, versionné avec le code et testé avant la mise en ligne :

// next.config.ts (extrait) : chaque ancienne adresse vers sa remplaçante, de façon permanente
async redirects() {
  return [
    { source: "/nos-services/creation-de-site.html", destination: "/fr/services/site-vitrine", permanent: true },
    { source: "/actualites/:slug", destination: "/fr/blog/:slug", permanent: true },
  ];
}

Le reste du dispositif, dans l'ordre :

Ce qui protège votre référencement, étape par étape
  1. 1Avant

    L'inventaire

    • Crawl complet du site actuel : toutes les URL, titres, descriptions
    • Search Console sur 16 mois : les pages qui reçoivent des clics
    • Liens entrants (Ahrefs ou équivalent) : les pages que d'autres sites citent
    • Décision page par page : garder, fusionner, supprimer
  2. 2Pendant

    La construction

    • Nouvelle arborescence, anciennes URL conservées quand elles sont bonnes
    • Plan de redirections 301, une ancienne URL vers une nouvelle, jamais tout vers l'accueil
    • Titres, descriptions et données structurées repris puis améliorés
    • Site de prévisualisation bloqué à l'indexation
  3. 3Jour J

    La bascule

    • Mise en ligne et redirections actives au même moment
    • Vérification des 301 sur les URL qui comptent
    • Nouveau sitemap soumis, robots.txt vérifié
    • Aucun changement de nom de domaine le même jour, sauf nécessité
  4. 4J + 30

    La surveillance

    • Search Console : erreurs 404, pages exclues, couverture
    • Positions des requêtes principales comparées à l'inventaire
    • Corrections des redirections manquantes
    • Les anciennes URL restent redirigées au moins un an

Deux pièges reviennent souvent. Le site de prévisualisation indexé par Google avant la bascule, qui crée un doublon de tout le site : il est bloqué dès le premier jour. Et le changement de nom de domaine le même jour que la refonte : deux bouleversements à la fois, et Google met plus de temps à comprendre lequel explique quoi. Si le nom doit changer, on le fait avant ou après, et on le déclare dans la Search Console.

Un site multilingue ajoute une couche : les balises hreflang doivent être refaites pour les nouvelles URL, et le cercle doit se refermer dans chaque langue. J'ai détaillé tout cela dans un article à part.

Combien coûte une refonte de site internet

Une refonte se chiffre comme une création : la même grille, soit 3 000 à 5 500 € HT pour un site vitrine de cinq à huit pages, à laquelle s'ajoute le travail propre à la refonte : l'inventaire, la migration des contenus et le plan de redirections. Comptez un à trois jours selon le nombre de pages, facturés 500 € la journée. Un site vitrine refait de A à Z se situe donc entre 3 500 et 7 000 € HT ; une refonte graphique, ou une page seule, nettement moins.

Ce qui fait baisser le prixCe qui le fait monter
Des textes et des photos qui existent, et qui sont bonsBeaucoup de pages à migrer, ou des contenus à réécrire
Une identité visuelle déjà définieUn site multilingue, ou qui doit le devenir
Des URL propres qu'on peut conserverUne boutique, un espace membre, des paiements
Les accès à tout : code, domaine, hébergementUn site Wix à copier page par page

Le devis est forfaitaire : fixé après l'inventaire, il ne bouge pas en cours de route. Et comme pour une création, le site vous coûte ensuite 250 à 400 € par an, sans contrat de maintenance obligatoire.

Pourquoi je reconstruis en Next.js

Un site généré à l'avance, servi depuis un réseau mondial, sans base de données exposée ni extension à mettre à jour : c'est plus rapide, plus sûr, et c'est ce que je livre. J'ai expliqué pourquoi en détail.

Il reste un cas où je ne vous pousse pas à quitter WordPress : une équipe qui publie beaucoup, souvent, sans développeur, et qui tient à son éditeur. On garde alors WordPress en coulisses, pour écrire, et Next.js devant, pour servir les pages. Et si votre site WordPress est sain, lent seulement par négligence, une remise à jour peut suffire. Je vous le dirai après l'inventaire, pas avant.

Questions fréquentes

Vais-je perdre mon référencement ?

Pas si les anciennes adresses redirigent une à une vers les nouvelles et si les pages qui rapportent du trafic sont conservées. Il est normal de voir les positions bouger pendant deux à quatre semaines, le temps que Google réexplore le site. Une refonte bien menée finit généralement au-dessus de son point de départ, grâce à la vitesse et à la structure.

Combien de temps dure une refonte ?

Le calendrier d'une création, plus l'inventaire et la migration : quelques semaines pour un site vitrine, davantage pour une boutique ou un site de plusieurs centaines de pages. Ce qui allonge le plus, en pratique, c'est le temps de vos relectures.

Faut-il garder les mêmes URL ?

Quand elles sont propres et qu'elles décrivent la page, comme /services/plomberie/, oui : aucune redirection n'est nécessaire, et Google ne voit qu'un changement de design. Quand elles ne veulent rien dire, comme /blank-1 ou /?p=123, on en profite pour les refaire, et chacune est redirigée.

Puis-je changer de nom de domaine en même temps ?

C'est possible, mais je le déconseille : deux changements à la fois, et Google met plus de temps à comprendre lequel explique quoi. Si le nom doit changer, on le fait avant ou après la refonte, avec une déclaration de changement d'adresse dans la Search Console.

Dois-je quitter WordPress ?

Pas forcément. Si votre équipe publie beaucoup et tient à l'éditeur, WordPress peut rester en coulisses et le site être servi par Next.js. Si le site est sain, une remise à jour peut suffire. Je le dis après l'inventaire.

Que deviennent les liens que d'autres sites ont faits vers mon ancien site ?

Ils continuent de fonctionner, parce que les anciennes adresses redirigent vers les nouvelles, et ils transmettent leur valeur à la nouvelle page. C'est pour ça que les redirections restent en place au moins un an, et en pratique pour toujours.

Mon site est chez une agence qui ne répond plus. Que faire ?

Vérifiez d'abord ce qui est à votre nom, le nom de domaine avant tout. S'il l'est, on peut reconstruire le site et le brancher dessus sans l'agence. S'il ne l'est pas, le bureau d'enregistrement a une procédure de récupération, mais elle prend du temps : c'est la première chose à lancer.

Et maintenant

Si vous hésitez entre remise à jour et refonte, envoyez-moi l'adresse de votre site avec votre message : je commence toujours par le regarder. C'est le point de départ de ma page refonte et migration, et vous pouvez me décrire votre projet : nous en parlons une heure, et vous recevez un devis sous 48 heures.

Tous les articles

Un projet où ces questions se posent ?

Je peux vous aider à les trancher — et à construire la suite.